29 septembre : le GA de Bar sur Aube organise une caravane de la ruralité !

Des raisons communes à tous les territoires ruraux de France

LE SAVIEZ-VOUS ? 

Plus les espaces sont éloignés des centres urbains, plus le niveau de vie est faible. Les zones rurales isolées, hors influence des pôles urbains, sont celles où le niveau de vie médian est le plus bas (1 495 euros/mois contre 1 658 dans les pôles urbains en 2012) ; le taux de pauvreté y était de 18,2% contre 14,3% dans les grands pôles urbains en 2015. 

La pauvreté en zone rurale touche des populations très diverses. Toutes les catégories les plus modestes et fragiles de la population y sont surreprésentées: personnes âgées (27 % de plus de 60 ans) ; ouvrier·e·s (32% des actifs) ; employé·e·s (27%); agriculteur·rice·s (7%). Les femmes vivant en zone rurale sont particulièrement touchées par la précarité : 39% des femmes salariées en zone rurale le sont à temps partiel, contre 29% à l’échelle nationale. 

Particulièrement fragiles, les populations des espaces ruraux sont également moins bien aidées et souvent délaissées. Quelques exemples : 

  • Le maillage des services publics et le tissus associatif y sont moins denses, et le non-recours aux droits plus fréquent qu’en ville (par exemple : les prestations sociales constituent 35,3 % des revenus pour l’ensemble des ménages pauvres, mais seulement 28,1 % en zone rurale).
  • Les zones rurales souffrent du sous-équipement dans tousles domaines : Ecoles, hôpitaux et services de santé (« déserts médicaux »), équipements culturels, transports, ou commerces (par exemple : 1 commune sur 2 n’a plus aucun commerce ; 300 fermetures de commerce tous les ans en zone rurale entre 2002 et 2008) 
  • • Le problème du logement s’y pose aussi : faiblesse du parc public (seulement 7% de HLM contre 20% en zone urbaine), vétusté (60% du parc privé date d’avant 1948 et les 2/3 des « logements indignes » se situeraient dans l’espace rural, d’où des coûts d’énergie élevés pour des habitant·e·s aux ressources modestes). 

COMMENT EN SOMMES-NOUS ARRIVÉS LÀ ? 

Les territoires ruraux souffrent particulièrement de la crise économique et des politiques libérales qui l’ont aggravée, depuis des décennies et plus encore depuis 2008 : 

  • .  Entre 2007 et 2014, l’emploi salarié privé a baissé de -5,8% au total dans le monde rural (perte de 80 000 emplois) contre -0,8%, au total dans les aires urbaines. La désindustrialisation affecte aussi particulièrement les zones rurales : -125 000 emplois industriels en zone rurale entre 1982 et 2010.
  • .  L’agriculture est victime du choix du modèle productiviste et du libre marché : disparition de 70% des emplois agricoles (-560 000) et de 50% des exploitations entre 1982 et 2010, la concentration en grandes exploitations intensives employant peu (7% environ de la population active rurale).
    Parallèlement, les politiques d’aménagement du territoire ont systématiquement défavorisé les espaces ruraux, créant des phénomènes de relégation, voire de désertification :

• La « décentralisation » a continûment bénéficié aux grandes capitales régionales, au détriment des communes et territoires ruraux (par exemple : loi sur la nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRe) de 2015). Conséquences : la concentration des compétences, des administrations et services publics dans les métropoles et la réduction des moyens alloués aux zones rurales (baisses de dotations).

. L’action publique s’est révélée « un contresens en matière d’égalité des territoires » ; défavorisant les zones rurales
« qu’il s’agisse d’enseignement supérieur, de recherche, de santé, d’infrastructures » (rapport rendu en 2014 par le sénateur Alain Bertrand (PS, aujourd’hui LREM !). L’Etat a accompagné et renforcé la métropolisation au lieu de lutter contre. 

D’où une fracture territoriale et sociale toujours plus forte entre les métropoles concentrant les activités les plus dynamiques
et les populations les plus aisées, et les territoires ruraux devenus des espaces de relégation : ainsi par exemple, depuis la fin des années 1990, plus de 80 % des ménages arrivant dans les campagnes sont des ménages de revenus modestes, éligibles au parc social, fuyant la hausse des loyers des centre-ville.

QUE FAIT LE PRÉSIDENT MACRON ? 

Négligeant les communes rurales, il impose une gouvernance et un aménagement du territoire dominés par l’Etat central et les métropoles, loin des populations abandonnées. 

. Les faits sont parlants et Emmanuel Macron l’a dit lui-même aux maires : les mesures prises en 2017 concernant les collectivités territoriales (suppression de la taxe d’habitation ou des emplois aidés) « n’ont pas été dûment concertées » (23/11/2017). 

. Il prévoit que les nouvelles relations entre l’Etat et les collectivités locales seront fondées sur un principe de contractualisation imposant sur plusieurs années les contraintes et les recettes financières. 

. Il enlève aux petites communes des leviers fiscaux (taxe d’habitation) et réduit ainsi leur autonomie.

Il impose l’austérité aux collectivités territoriales : en zone rurale, cela veut dire encore moins de moyens et de services publics pour les habitant·e·s, au mépris de l’égalité entre les territoires, et avec des conséquences d’autant plus graves que les emplois publics font souvent vivre ces territoires où l’emploi privé est mis à mal. 

  • Suppression de 300 millions de dotations aux collectivités territoriales pour l’année 2017 (13 milliards prévus sur la durée du quinquennat).
  • Suppression de la taxe d’habitation pour 80% des ménages : or, cet impôt finance 79% des ressources propres des communes. En dépit des promesses, rien ne garantit que l’Etat compense durablement le manque à gagner de 9,5 milliards.
  • Suppression de 150 000 contrats aidés souvent indispensables aux petites communes.
  • Fermetures de centaines de classes rurales dans 57 départements.
  • Menaces sur les « petites lignes » et la desserte des zones
    rurales dans le cadre de la réforme de la SNCF.

• Il fragilise l’agriculture en l’exposant à une concurrence déloyale, et réduisant les aides de certains agriculteurs :

  • Soutien aux traités de libre-échange négociés par l’Union Européenne (CETA avec le Canada, traité avec le Mercosur en préparation) : par exemple, le CETA prévoit d’augmenter d’un quart les importations actuelles de l’Union européenne en viande bovine, avec de la viande canadienne produite à moindre coût du fait de normes moins exigeantes, ce qui menace de déstabiliser l’élevage français.
  • Refonte de la carte des zones défavorisées bénéficiaires d’aides européennes : 4 000 nouvelles communes entrent, mais 1 500 sortent, ce qui signifie pour certain·e·s agriculteur·rices fragilisé·e·s des pertes de 4 000 à 10 000 euros annuels !

QUE PROPOSE LA FRANCE INSOUMISE ?

  • Une organisation territoriale plus juste, plus démocratique, et plus proche des populations rurales et de leurs besoins.
    • Mise en place d’une organisation territoriale autour des communes et des départements, en abrogeant les lois de l’Acte 3 de la décentralisation (loi NOTRe, loi MAPTAM)
    • Permettre la participation des citoyen·ne·s aux décisions
      des collectivités par l’instauration de conférences citoyennes de territoire
  • Des services publics dans tous les territoires ruraux, pour mettre un terme aux situations d’abandon, et garantir le bien être et l’égalité entre les citoyen·ne·s où qu’ils vivent
      • Inscrire dans la constitution l’égalité d’accès aux services publics des habitant·e·s de tous les territoires de la République sur les missions essentielles de l’État (santé, éducation, eau, énergie, transports, communications, accès à la culture et aux services sociaux)
      • Faire un moratoire sur les fermetures de services publics et un plan pour leur redéploiement sur les territoires ruraux et périurbains : écoles, services postaux, hôpitaux et services de santé, gares et trains de proximité, équipement culturel, accès au numérique et à la téléphonie mobile en étendant la couverture haut débit à tout le territoire.

Un aménagement du territoire soucieux de la vitalité économique des territoires ruraux, garantissant le bien-vivre de tou·te·s leurs habitant·e·s.

      • Créer un commissariat à l’aménagement du territoire au niveau national, doté de moyens d’analyse et de planification, agissant en articulation avec les communes.
      • Donner aux collectivités rurales les moyens financiers, d’agir et d’investir, en revenant sur les baisses de dotation.
      • Délivrer l’agriculture de la concurrence déloyale produite par les traités de libre-échange et l’Union Européenne.
      • Instaurer des prix minimums pour permettre une rémunération décente et ainsi éviter la captation de la valeur ajoutée
        des intermédiaires et de la grande distribution.
      • Mise sous condition stricte d’une surface maximale par actif agricole lors des nouvelles autorisations d’exploiter pour éviter la concentration entrainée par le modèle productiviste
      • Soutenir la transition vers une agriculture écologique (planification, subvention, formation). 

 

 

Une réflexion au sujet de « 29 septembre : le GA de Bar sur Aube organise une caravane de la ruralité ! »

Laisser un commentaire